le pouvoir de la peur

Publié le par Aurelynx

Je me baladais sur l'avenue, le coeur ouvert a l'inconnu. J'avais envie de dire bonjour à n'importe qui. Des gens y'en avait plein, mais aucun d'entre-eux ne s'appelait « n'importe qui » alors je me suis ravisé: autant aborder cette fameuse mine triste pour passer inaperçu.

De la tristesse dans les regards, la rue en est bondée. Et je ne vous parle pas des transports en commun qui sont encore plus ternes. Le RER est plein à craquer, les gens partent à leur travail et un silence de mort règne. Les gens ne communiquent donc pas dans les transports. Autrefois je croyais que les transports en commun étaient des lieux plein de vie, pas forcément ou l'on rencontre du monde mais qu'il y avait des paroles, des conversations, de la politesse, des regards. Mais je n'y constate aujourd'hui que des personnes renfermées qui ne regardent que leurs pieds et qui restent assis sur les strapontins lorsqu'une marée d'usagers entre lors de l'arrêt parisien. Égoïsme, égocentrisme, ... les qualificatifs ne manquent pas.

Mais à y songer, ce n'est pas un tel problème. Nous vivons dans une société aseptisée où la peur de l'inconnu prédomine. Les réactions obtenues n'en sont que défensives : si l'autre me veut quelque chose, je dois être prêt à l'affronter. Et c'est bien compréhensible, tout est mis en oeuvre pour que nous ayons peur.

Ne serait-ce qu'au journal télévisé : entre les « conflits armés » (comprenez le mot guerre) et les « odieux grévistes qui prennent en otage », pas de temps pour les choses bien. J'entendais sur France Inter récemment une interview de je ne sais plus quel maire de banlieue parisienne. Selon lui (et il avait des sources, je regrette de n'avoir su m'en souvenir) les caméras de vidéo-surveillance n'ont aucun impact réel sur la délinquance. En effet un jeune qui veut voler un sac à main ne pense pas à la caméra, mais juste au sac à main et au comment réussir son action. Mais la caméra fait son effet dans la tête de l'usager. Plus il y a de caméra plus on se sent en sécurité, et à l'inverse plus on sent qu'il est nécessaire d'être sécurisé. En renforçant la sensation de peur on crée une dépendance. J'ai ainsi constaté que les compagnies de bus installent aussi des caméras diffusant en direct l'image sur des téléviseurs pour que tout le monde puisse se voir. On se voit, on se sent en sécurité. Bah oui, parce qu'avec les temps qui courent on ne sait jamais. Alors on renforce la vidéo-surveillance, et ainsi de suite.

J'ai comme la désagréable sensation qu'on va pas en sortir tout de suite de cette période ultra-sécurisée...
(de là à dire que Big Brother nous regarde, je m'en remet aux suggestions d' Orwell)

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Nad :0075: 05/04/2008 09:35

Tu sais ma maman s'est faite "agressée" récemment et on lui a volé son sac à main ; grâce à une vidéo surveillance on a pu identifier et retrouver ces personnes et restituer à ma maman les restes de son sac ; elle a eu mal à l'épaule pendant 15 jours et aujourd'hui effectivement elle est traumatisée et elle sort avec un petit sac à même le corps sous son manteau ou juste un porte monnaie dans sa poche ; je pense quand même que ça peut apporter quelque chose ces caméras... bizzzzzzzzzzz